SF ou fantastique ?

SF ou fantastique ?
SF ou fantastique ?

Saison Fantasy à la BNF

La BNF vit à l'heure de la Fantasy !



[Cet article a initialement été publié sur le site ActuSF]

Ce soir 15 janvier, c'est le lancement officiel de la saison Fantasy - retour aux sources, qui va durer jusqu'en mars et proposer des centaines de ressources tous médias et supports confondus dans le domaine du merveilleux et de la fantasy :

  • des romans, 
  • des BD, 
  • des mangas, 
  • des documentaires, 
  • des films, 
  • des séries TV, 
  • des jeux de rôle et de plateau, 
  • des jeux vidéos, 
  • de la musique, 
  • de la réalité virtuelle,
  •  des conférences...




Arrivée sur place, je suis en avance et me vois proposer de visiter l'exposition Tolkien en attendant le début de la soirée. C'est quelque chose d'extraordinaire que de pouvoir profiter de cette exposition (son début, par manque de temps...) sans l'afflux de visiteurs quotidiens !
Je suis surtout frappée par le nombre de documents originaux, réalisés par Tolkien en personne, et par la diversité de ces créations. Tolkien ne faisait pas qu'écrire, il dessinait les lieux et même les événements qu'il racontait, il esquissait les arbres généalogiques des personnages et des langues qu'il inventait. C'est une grande chance que nous avons de pouvoir admirer ces chefs-d’œuvre.


L'heure tourne, et me voici dans la salle A, qui accueillel'univers de la fantasy, via tous les supports existants pour toutes les formes de créations dans les domaines de l'imaginaire.


Les différentes activités possibles sont définies par des étiquettes : Lire, Voir, Écouter, Jouer. Bref, l'offre est plus que large !


   


Laurence Engel, la présidente de la BNF, ouvre la soirée.

Son discours.

Puisant ses racines dans les sources de la littérature classique, contes, mythologies, littératures médiévales, la fantasy est maintenant une part incontournable de la culture contemporaine ; elle recèle des hybridations, des interdépendances, des nourritures croisées depuis les origines du genre et encore davantage aujourd'hui. La Bnf veut rendre compte de cette culture à travers ses collections, il est dans son rôle de prendre toute la mesure du phénomène pour le transmettre à ses publics.

Laurence Engel remercie les professionnels et créateurs des 14 (!) départements de collections qui ont contribué de manière pleinement collaborative au programme de cette saison Fantasy :
  • le site Fantasy.bnf.fr
  • les ressources multi-supports de la salle A, 
  • le jeu vidéo Le Royaume d'Istyald, 
  • le jeu Skyrim en réalité virtuelle, 
  • les conférences, 
  • les ressources pédagogiques 
  • et le patrimoine cinématographique et ludique venu du dépôt légal et exceptionnellement présenté pour cette saison. 
La fantasy est présente depuis bien longtemps, mais elle est souvent ignorée en tant que telle : Laurence Engel met l'accent sur le côté encore très populaire et un peu méprisé de la fantasy et des nouveaux médias, en particulier du jeu vidéo. Pourtant, la BNF s'engage depuis longtemps dans ces domaines, accueille le dépôt légal (1992 pour le jeu vidéo, 17000 titres conservés), propose des actions de médiation et des ressources pédagogiques (elle est prescripteur pour l’Éducation Nationale) et s'enorgueillit d'abriter le plus ancien jeu vidéo existant (1973 !).


Anne Besson, universitaire spécialisée dans les littératures de l'imaginaire et directrice scientifique du site Fantasy.bnf.fr, prend la parole ensuite pour présenter plus précisément le site Fantasy, sa genèse, et le jeu vidéo.

Son discours.

Ce travail sur la fantasy fait par la BNF est, pour les communautés scientifiques et les acteurs culturels, le signe d'une légitimité qui commence à s'acquérir pour des médias et des genres encore marginaux. La BNF doit être et est à la pointe de l'innovation par rapport aux réalités culturelles de son époque, et la fantasy est bel et bien un genre vivant, contemporain et riche. La BNF vise aussi la démocratisation de l'accès au savoir, elle cherche à attirer un public nouveau et jeune ; toutes missions belles et dignes du service public.


C'est au tour de Yannis Koïkas, directeur éditorial du site Fantasy et chef du service des Éditions multimédias de la BnF.

Son discours.

Les iconographes, concepteurs et illustrateurs du jeu vidéo et du site Fantasy, professionnels des éditions mutlimédias de la BnF ont collaboré étroitement avec le département Audiovisuel et des professionnels du cinéma et des jeux vidéos. La fantasy est bien sûr un genre littéraire, mais qui s'est déployé sur tous les médias, comme le montrent les collections de la BnF depuis les sources et origines du genre jusqu'à aujourd'hui.
  • La partie « Découvrir » du site cherche un angle contemporain et essaie d'exprimer les grandes questions et problématiques qui transcendent le monde aujourd'hui.
  • La partie « Comprendre » présente les travaux de référence sur le sujet, écrits par des universitaires et des spécialistes.
  • La partie « Transmettre » permet un accès facilité au patrimoine et à la culture pour le jeune public, avec du ludique et des séquences pédagogiques pour présenter le genre en classe. La BNF apporte ses lettres de noblesse à ce genre pour que les enseignants puissent le travailler avec leurs élèves.
C'est donc un site monde, global, encyclopédique, en perpétuel enrichissement.


Ensuite, Florent Maurin nous parle plus précisément du jeu vidéo créé pour l'occasion, Le Royaume d'Istyald : il a une dimension littéraire qui trouve bien sa place dans la démarche de la BNF. Il y a maintenant une confiance dans le jeu vidéo en tant qu'oeuvre culturelle, grâce à l'engagement de la BNF dans ce média notamment via le dépôt légal.

Son discours.


Enfin, Pascale Issartel, directrice du département Audiovisuel (son, vidéo, multimédia, jeu vidéo, réalité virtuelle), évoque le travail de son département : il souhaite décliner sur tous les médias ce genre totalement transmédia qu'est la fantasy, d'une ampleur inédite aujourd'hui puisqu'elle rassemble les médias traditionnels de l'audiovisuel, les documents imprimés et le patrimoine national dans toute sa diversité grâce aux contributions de tous les départements.

Son discours.

Tout cela est matérialisé dans la salle A : 50 titres imprimés, 100 jeux vidéos y compris en VR, sur PC, consoles, tablettes, 60 films dont 50 seront présentés dans l'espace cinéma de la salle. Le film le plus ancien présenté est la première adaptation en 1915 d'Alice au pays des merveilles ; le jeu vidéo le plus ancien présenté est Zork en 1980.


Les discours sont terminés, nous sommes invités à découvrir les ressources de la salle A, avec de nombreux professionnels de la BNF disponibles pour nous les expliquer. En plus de tous les documents physiques (livres, BD, films...), cette salle contient :

  • un espace cinéma avec deux séances de projection quotidiennes durant deux mois, 
  • un espace réalité virtuelle où les néophytes peuvent s'initier, 
  • une webradio dédiée aux bandes originales de jeux vidéos, de films et de séries TV, 
  • des pièces patrimoniales retraçant l'histoire de la fantasy, 
  
  • et enfin des îlots informatiques avec accès au catalogue, au site Fantasy, aux jeux vidéos, aux films. 
  
La BNF est dématérialisée autant que matérielle.

Pascale Issartel me voit avec mon gros appareil photo/caméscope et me prend pour une journaliste, je suis surprise et très flattée ! Malheureusement non, mais elle peut compter sur moi pour transmettre cette saison Fantasy à tout le monde.

J'ai l'occasion de bavarder avec Estelle Faye et un petit groupe de bibliothécaires spécialisés en littératures de l'imaginaire, qui constatent que le grand public - et un certain nombre de bibliothécaires - continue à mépriser ces genres, les considérer comme puérils, adolescents, voire dangereux. Il reste beaucoup de travail d'information et de médiation à faire, et on sait qu'on peut compter sur l'engagement de la BNF pour ça.


J'entame une conversation avec Chris Bellabas, écrivain, youtubeur, blogueur littéraire, animateur d'ateliers d'écriture, présent sur les réseaux sociaux : c'est une personne ouverte et à l'écoute de la création qui, à mon sens, par ses activités, représente l'avenir de la culture populaire et des mondes de l'imaginaire. Nous parlons des possibilités offertes par la réalité virtuelle, qui nous permet de nous promener dans des monuments détruits ou inaccessibles à cause des guerres ou du temps qui passe. Nous parlons aussi des moyens de communication culturelle que sont les blogs, réseaux sociaux, festivals.

En parlant de réalité virtuelle, je vais la tester en compagnie de Chris Bellabas et de son amie. Il nous faut l'aide de Nicolas Lopez, chargé du dépôt légal jeu vidéo à la BNF. Il m'explique que cette technologie est très récente, ainsi que les oeuvres (courts-métrages de fiction, documentaires, jeux vidéos) qu'elle a créées. Tout est donc à faire, à construire dans ce secteur : repérer les réalisateurs et les sociétés qui les produisent, courir les festivals, faire des demandes officielles pour chaque film... Et se tenir à la pointe du progrès car la BNF a besoin de la technologie adéquate pour lire chaque document qui entre au dépôt légal.

 

Laurent Duplouy, le chef du service Multimédias du département de l'Audiovisuel, me confirme que la réalité virtuelle est si récente que les habitudes ne sont pas encore installées, aussi bien du côté des professionnels que du public, qu'un temps d'adaptation est nécessaire (je viens de quitter le casque de VR au moment où je lui parle), et que de nouveaux projets d'acquisition et de médiation sont toujours possibles à la BNF (je sens que je vais proposer ma candidature !).


  




La soirée se termine, nous repartons avec un sac de la BNF plein de documents qui présentent et accompagnent cette saison. La BNF fait bien les choses !




PS : n'oubliez pas les conférences ! Elles sont enregistrées et disponibles en audio et vidéo sur le compte Youtube de la BNF.

Et on peut consulter aussi cette page sur les littératures de l'imaginaire à la BNF.


Création : 15/01/2020

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